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Sur les traces du Club Suisse
d'Istanbul
Istanbul est la seule ville située sur deux continents, et en même
temps une des plus grandes et plus anciennes villes de la terre. C'est
une métropole aux multiples facettes : elle attire chaque année des
millions de touristes étrangers, ainsi que les personnes les plus
démunies de toute la région. Istanbul est à la fois splendide et
irritante. Y vivent 15 millions de personnes entassées sur une surface
de 350 km en diamètre, dans une anarchie incontrôlée….
C'est ce qui nous a attiré à Istanbul. Pourquoi plutôt ici
qu'ailleurs, les raisons en sont multiples : pour le travail, parce
que nous y avons été transférés par notre employeur, pour tenter notre
chance, ou bien parce que nous avons épousé une personne de
nationalité turque.
Nous n'étions pas les premiers à arriver ici. L'empreinte des Suisses
à Istanbul a été faite il y a longtemps, et c'est ce que raconte
l'ouvrage récemment paru de Stefan Sigerist. Mais nous le savions déjà
: les Suisses ont toujours écrit l'histoire….
Nos recherches à nous remontent aux années '30. A l'époque, les hommes
d'affaires et commerçants suisses continuaient la tradition de
l'époque de Constantinople, en se rencontrant au "Circle Helvetica".
Il s'agissait de réunions exclusivement masculines qui se tenaient
dans l'Istiklal Caddesi de Beyoglu pour y boire de la bière et fumer
des cigares. En 1931 un Club fut officiellement fondé sous le nom de
Istanbul Isviçre Kulübü (Club Suisse Istanbul) et inscrit dans le
registre turc des associations.. La majorité de ses membres étaient
encore masculine, qui prolongeait la tradition du "Circle Helvetica".
En 1974 la première Suissesse, qui avait épousé un Turc et était venue
avec lui s'installer à Istanbul, fut admise au Club. Contrairement à
la majorité des hommes de l'époque, cette femme fait encore partie des
membres actifs du Club Suisse ! Grâce à elle la tradition avait été
rompue et de nombreuses femmes en sont devenues membres.
En 1960 les Suisses ont venu le local du Club. On ignore la raison de
cette décision. On peut toutefois penser que cela coïncide avec la fin
de la gloire de Istiklâl Caddesi, qui était autrefois le site de
l'établissement des ambassades des Grandes Puissances (lesquelles
devinrent ultérieurement des consulats), où rois et filous se
côtoyaient, centre de la vie mondaine, pouls d'une époque. Suivit une
énorme migration de population depuis l'Anatolie ainsi que la
"Vertreibung" des nationalités étrangères telles que les Grecs, les
Arméniens et les Juifs. Avec le temps on a réappris la valeur de ce
quartier, qui n'a par chance jamais perdu son caractère cosmopolite,
et les maisons sont restaurées, qui récupèrent leurs façades d'antan.
Istiklal Caddesi (Rue de l'indépendance), avec ses 3 kilomètres,
redevient l'adresse favorite des artistes, des intellectuels, des
noctambules et le "Must" pour les achats.
Le Club Suisse s'est beaucoup modifié et même si nous ne sommes
toujours pas propriétaires d'un local, en revanche les statuts
d'autrefois ont été remodelés depuis pas mal de temps pour s'adapter à
notre société multiculturelle, et pour permettre la rencontre des
Suisses avec les amis étrangers de la Suisse.
Les contacts étroits au sein du Club ont été influencés par la
technologie moderne et les voyages à bon marché. En outre, dans cette
ville de 15 millions d'habitants, les distances ont également un effet
négatif. On se rencontre désormais plus volontiers en petits groupes,
on s'est construit soi-même son cercle d'amis et il y a les
responsabilités familiales. En dépit de ces inconvénients, le Club
Suisse n'a jamais encore compté autant de membres, avec 260 personnes,
dont 132 hommes et 126 femmes. Ces chiffres vont à l'encontre de la
société moderne et nous invitons tous les Suisses, mais aussi les
personnes qui entretiennent des relations avec la Suisse, à participer
à notre vie de société. Les enfants sont tout autant les bienvenus et
leur participation est gratuite. Le programme annuel prévoit 6 à 7
manifestations, dont les événements traditionnels de Fête Nationale,
le pique-nique dans la nature, la Fête de Pâque, la soirée-fondue et
la Saint Nicolas.
Nous aussi espérons que le Club Suisse continuera à marquer l'histoire
de son empreinte pendant longtemps encore.
Le comité
Corina Bilhan
Istanbul, le 10.06.2004
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Lu pour vous
Stefan Sigerist
Schweizer im Orient
Cet ouvrage
consacré aux Suisses qui résidaient dans l’Empire Ottoman est plein de
saveur. Ils ont tenté leur chance à Istanbul, Bagdad, Téhéran, Beyrouth,
Bakou etc., vécu des aventures dont certaines font rêver. Il est délicieux
de lire que la Confédération a poliment demandé aux Suisses s’ils se
souhaitaient une représentation à Istanbul, et d’entendre les Suisses,
autrement divisés, répondre «non » à l’unisson parce qu’ils préféraient la
protection qui leur était accordée par les puissances étrangères ! ?
Oserait-on refuser de nos jours une protection à un Suisse parce qu’il est
tenancier d’une maison close ? Les tribulations des Suisses qui ont vécu
au cours des siècles dans cette partie du monde sont remarquablement bien
racontées. Avec les noms suisses qui surgissent au fur et à mesure des
pages, on découvre aussi des détails de la vie quotidienne qui ne figurent
nulle part dans les livres d’histoire. Quant on arrive à la fin de la
lecture du bouquin, on regrette que « Schweizer im Orient » déjà soit fini
!
Cet ouvrage est paru en allemand. Qui le traduira pour le plaisir des
lecteurs francophones ?
N.B.
Pour des raisons financières, la traduction de l’ouvrage dans une autre
langue officielle suisse n’est pas possible. Sauf si, naturellement,
quelqu’un donne un « coup de pouce » . Merci d’avance !.
Bestellungen an:
Herrn Stefan Sigerist
Hermann Rorschach Strasse 23
CH-8200 Schaffhausen
Tel. 0041 –
52 – 664 3400
Email:
s.sigerist@sigerist.ch
Das Buch kostet CHF 50.- excl.Portospesen
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